La capacité d’autofinancement (CAF) représente la trésorerie que votre entreprise génère par sa seule activité, avant toute décision d’investissement ou de distribution. C’est un indicateur clé de solidité : plus la CAF est élevée, plus l’entreprise peut investir, rembourser ses dettes et se développer sans dépendre systématiquement de financements externes.
Banquiers et investisseurs y attachent une grande importance, car elle mesure la capacité de l’entreprise à « se financer elle-même ». Voici comment la calculer et l’interpréter correctement.
Qu’est-ce que la capacité d’autofinancement ?
La CAF mesure le surplus de ressources internes dégagé par l’ensemble de l’activité au cours d’un exercice. Elle correspond aux produits encaissables moins les charges décaissables : autrement dit, aux flux réellement générateurs de trésorerie, en neutralisant les écritures purement comptables comme les amortissements. Elle sert à financer les investissements, à rembourser les emprunts, à constituer une épargne de précaution et, éventuellement, à rémunérer les associés.
Comment calculer la CAF
Deux méthodes équivalentes. Méthode soustractive, à partir de l’EBE : CAF = EBE + autres produits encaissables − autres charges décaissables. Méthode additive, à partir du résultat net : CAF = résultat net + dotations aux amortissements et provisions − reprises − plus-values de cession + moins-values de cession.
Exemple : une entreprise dégage un résultat net de 60 000 € et a comptabilisé 40 000 € de dotations aux amortissements (une charge qui ne sort pas de trésorerie). Sa CAF est d’environ 60 000 + 40 000 = 100 000 € : voilà le cash réellement dégagé par l’activité, disponible pour investir ou rembourser.
Pourquoi la CAF est essentielle
- Elle mesure la capacité à s’autofinancer sans recourir systématiquement à la dette.
- Les banques l’analysent pour évaluer la capacité de remboursement : le ratio dettes financières ÷ CAF indique le nombre d’années nécessaires pour rembourser la dette avec la trésorerie dégagée (au-delà de 3 à 4 ans, l’endettement est souvent jugé lourd).
- Elle alimente le plan de financement et conditionne la stratégie d’investissement.
- Elle constitue un signal de pérennité : une CAF durablement faible ou négative fragilise l’entreprise.
CAF et trésorerie : une nuance essentielle
La CAF n’est pas la trésorerie. Elle mesure un potentiel de trésorerie dégagé par l’activité sur un exercice ; la trésorerie réelle dépend aussi des décalages d’encaissement, de la variation du BFR et des flux d’investissement et de financement. Une entreprise peut afficher une CAF confortable et manquer de cash si son BFR augmente fortement. C’est pourquoi la CAF s’analyse toujours en lien avec le plan de trésorerie.
Questions fréquentes sur la CAF
Quelle différence entre CAF et trésorerie ?
La CAF est un potentiel de trésorerie dégagé par l’activité sur un exercice ; la trésorerie réelle dépend aussi des décalages d’encaissement, du BFR et des flux d’investissement et de financement.
Qu’est-ce qu’une bonne CAF ?
Une CAF est « bonne » lorsqu’elle couvre confortablement le remboursement des emprunts et laisse une marge pour investir. On l’apprécie en la rapportant au chiffre d’affaires ou à l’endettement.
Quelle différence entre CAF et autofinancement ?
L’autofinancement est la part de la CAF qui reste dans l’entreprise après distribution des dividendes : autofinancement = CAF − dividendes versés.
Une CAF négative est-elle grave ?
Elle signifie que l’activité consomme de la trésorerie au lieu d’en produire. Ponctuellement tolérable (démarrage, investissement), elle devient préoccupante si elle se prolonge.
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